Vous recevez deux factures, sans trop voir la différence entre nom de domaine et hébergement. Une petite arrive chaque année pour « votrecompagnie.ca », l’autre pour « l’hébergement ». Parfois du même fournisseur, parfois de deux fournisseurs différents dont vous avez oublié le nom. Et un jour, votre site et vos courriels arrêtent de fonctionner en même temps.
Comprendre ce qui distingue les deux, c’est ce qui vous permet de savoir quoi faire ce jour-là.
La différence entre nom de domaine et hébergement, en une phrase
Le nom de domaine est votre adresse. L’hébergement est le terrain où votre site est construit.
Quand quelqu’un tape « boulangeriedupont.ca », son ordinateur ne sait pas où aller. Il consulte d’abord un annuaire, le DNS, qui lui répond : ce nom pointe vers tel serveur. Le navigateur se rend alors à ce serveur, celui de votre hébergeur, qui lui envoie les pages, les images et le reste.
Les deux sont donc reliés, mais ils ne vivent pas au même endroit et ne s’achètent pas forcément au même endroit non plus.
Le nom de domaine : ce que vous louez vraiment
On dit qu’on « achète » un nom de domaine. En réalité, on le loue pour une ou plusieurs années, auprès d’un registraire, une entreprise autorisée à enregistrer des domaines. Tant que vous renouvelez, il reste à vous. Si vous oubliez, il expire, et après un délai de grâce, n’importe qui peut l’enregistrer.
Un nom de domaine .ca est géré par l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI). Pour l’obtenir, vous devez respecter ses exigences de présence au Canada : une entreprise constituée au Canada, un citoyen, un résident permanent, par exemple. Un .com, lui, n’a pas cette exigence.
Le nom de domaine sert aussi à vos courriels. L’adresse info@boulangeriedupont.ca fonctionne parce que le DNS du domaine indique à quel serveur livrer le courrier. C’est un détail qui a l’air technique, mais c’est la raison pour laquelle un domaine expiré coupe le site et les courriels du même coup.
L’hébergement web : là où votre site existe
L’hébergement, c’est un espace sur un serveur allumé en permanence, branché à Internet. Il contient les fichiers de votre site, sa base de données, ses images. C’est lui qui détermine en bonne partie la vitesse de votre site, sa sécurité, la fréquence des sauvegardes, et l’endroit physique où sont stockées vos données.
Chez nous, par exemple, l’hébergement se trouve sur des serveurs LiteSpeed à Montréal, avec des sauvegardes quotidiennes. Le forfait Mini, à 60 $ par année, convient à un site vitrine simple. Les autres forfaits sont sur la page des tarifs.
Vous pouvez avoir un nom de domaine sans hébergement (il ne mène nulle part, ou redirige ailleurs). Vous pouvez avoir un hébergement web sans domaine (le site existe, mais personne ne peut le trouver facilement). Pour un site d’entreprise, il vous faut les deux.
Faut-il les prendre chez le même fournisseur?
Pas obligatoirement. Notre avis : séparer les deux est souvent plus prudent.
Quand le domaine et l’hébergement sont au même endroit, c’est simple tant que tout va bien. Mais le jour où vous changez d’hébergeur, il faut parfois transférer un nom de domaine en même temps que le site, et certains fournisseurs ne rendent pas l’opération agréable. Un domaine enregistré chez un registraire indépendant, à votre nom, vous laisse libre de déménager votre site quand vous voulez en modifiant simplement le DNS.
Ce qui compte bien plus que l’endroit, c’est à qui appartient le compte.
Le piège qu’on voit le plus souvent
Un graphiste ou un ancien employé a créé le site il y a sept ans. Il a enregistré le domaine avec son propre compte, sa carte de crédit, son adresse courriel. Il a changé d’emploi, déménagé, ou il ne répond plus. Le domaine arrive à échéance, la carte est expirée, le renouvellement échoue.
Une quincaillerie de Pont-Rouge dans cette situation peut perdre son site et ses courriels du jour au lendemain, sans avoir accès au compte pour régler le problème. Récupérer un domaine enregistré au nom de quelqu’un d’autre est possible, mais c’est long, et ce n’est jamais garanti.
Exigez que le domaine soit enregistré au nom de votre entreprise, avec une adresse courriel que vous contrôlez. Votre fournisseur peut avoir un accès de gestion, mais le titulaire, c’est vous.
Cinq choses à vérifier cette semaine
- Chez quel registraire votre domaine est-il enregistré? Faites une recherche WHOIS sur votre domaine si vous ne le savez pas.
- Le titulaire inscrit est-il votre entreprise, et non une personne qui ne travaille plus avec vous?
- Quelle est la date d’expiration du nom de domaine, et le renouvellement automatique est-il activé avec une carte valide?
- Avez-vous les identifiants du compte du registraire, rangés à un endroit où quelqu’un d’autre que vous peut les retrouver?
- Qui gère votre DNS : le registraire, votre hébergeur ou un autre service?
La cinquième question surprend souvent. Le DNS est parfois géré à un troisième endroit, et c’est là qu’il faut aller quand on change d’hébergeur ou qu’on passe ses courriels à Microsoft 365. Si vous prévoyez un déménagement, notre article sur la façon de changer d’hébergeur web sans perdre ses courriels explique l’ordre des étapes.
Et les courriels dans tout ça?
Ils forment une troisième pièce, et c’est souvent là que la différence entre nom de domaine et hébergement devient concrète. Le domaine dit où livrer le courrier, mais la boîte elle-même peut être chez votre hébergeur ou dans un service comme Microsoft 365. Beaucoup de PME gardent leur site chez un hébergeur et leurs courriels dans Microsoft 365, ce qui fonctionne très bien tant que le DNS est configuré correctement, y compris les enregistrements SPF, DKIM et DMARC qui évitent que vos messages tombent dans les indésirables. Nous offrons ce service de configuration avec les licences Microsoft 365.
Vous ne savez pas qui détient votre nom de domaine ni où pointe votre DNS? Écrivez-nous avec l’adresse de votre site; on vous aide à faire le point avant que l’échéance arrive.
