Prenez une quincaillerie de Saint-Augustin. Un mardi, elle choisit de changer d’hébergeur web. Le nouveau site s’affiche le soir même, impeccable. Le jeudi, quelqu’un remarque que personne n’a reçu de courriel depuis deux jours. Les messages des clients sont partis quelque part. Personne ne sait où.

C’est une des erreurs qu’on voit le plus souvent quand une PME décide de changer d’hébergeur web. Le site, c’est la partie visible, alors tout le monde s’en occupe. Les courriels, eux, dépendent de réglages que personne n’a regardés depuis des années.

Avant de changer d’hébergeur web : savoir ce que vous avez

Votre présence en ligne repose sur quatre morceaux. Ils sont parfois tous chez le même fournisseur, parfois éparpillés chez trois.

  • Le nom de domaine, loué chez un registraire.
  • La zone DNS, l’annuaire qui dit où envoyer les visiteurs du site et où livrer les courriels.
  • L’hébergement du site : fichiers et base de données.
  • Les boîtes courriel, chez votre hébergeur, chez Microsoft 365 ou ailleurs.

Pour savoir où sont vos courriels, regardez les enregistrements MX de votre domaine avec un outil de recherche DNS en ligne gratuit. S’ils pointent vers outlook.com ou protection.outlook.com, vos courriels sont chez Microsoft et ne bougeront pas avec le site. S’ils pointent vers le nom de votre hébergeur actuel ou vers mail.votredomaine.ca, vos boîtes vivent sur le même serveur que le site. C’est ce cas-là qui demande toute votre attention.

Rassemblez aussi les accès : compte du registraire, compte client de l’hébergeur actuel, administration WordPress. Un accès oublié peut retarder un déménagement d’une semaine.

Les étapes d’une migration de site web, dans le bon ordre

  1. Baissez la durée de vie (TTL) des enregistrements DNS à quelques minutes, au moins 24 heures avant la bascule. Les changements se propageront ensuite beaucoup plus vite.
  2. Faites une sauvegarde complète du site et téléchargez-la sur votre ordinateur. C’est votre filet si quelque chose tourne mal.
  3. Copiez le site chez le nouvel hébergeur : fichiers, base de données, réglages.
  4. Testez la copie avant que le public la voie, à l’aide d’une adresse temporaire ou du fichier hosts de votre ordinateur. Formulaires, boutique, pages lourdes : tout y passe.
  5. Préparez les boîtes courriel à leur nouvelle destination, si elles déménagent aussi.
  6. Basculez les DNS vers le nouvel hébergement.
  7. Copiez une dernière fois les courriels reçus pendant la transition.
  8. Gardez l’ancien hébergement actif au moins une semaine avant de l’annuler.

Chez nous, la migration gratuite couvre la copie et les tests du site (étapes 3 et 4). Vous nous donnez l’accès à votre hébergeur actuel, on copie, on teste et on vous dit quand c’est prêt à basculer.

Le cas des courriels hébergés avec le site

Si vos boîtes sont chez votre hébergeur actuel, il ne suffit pas de transférer ses courriels d’un serveur à l’autre : il faut décider où ils vivront ensuite. Deux choix s’offrent à vous.

Le premier : les recréer chez le nouvel hébergeur, une par une, avec les mêmes adresses, puis copier le contenu des anciennes boîtes par IMAP. Ça fonctionne, mais vous reproduisez la même situation : site et courriels sur la même machine, et un futur déménagement aussi délicat que celui-ci.

Le deuxième, celui qu’on recommande à la plupart des PME : profiter du déménagement pour sortir les courriels de l’hébergement et les passer à Microsoft 365. Les courriels deviennent indépendants du site. La prochaine fois que vous changerez d’hébergeur, ils ne bougeront pas. Nous nous occupons de la migration des courriels vers Microsoft 365 et de la configuration SPF, DKIM et DMARC qui va avec.

Dans les deux cas, prévenez votre équipe. Les mots de passe changent, il faut reconfigurer Outlook et les téléphones, et quelqu’un va appeler le lendemain matin parce que son cellulaire ne reçoit plus rien.

L’erreur qui coupe les courriels : changer les serveurs de noms sans copier la zone

Beaucoup de guides disent simplement : « changez les serveurs de noms chez votre registraire ». C’est rapide. C’est aussi exactement ce qui arrive à la quincaillerie de notre exemple.

Quand vous changez de serveurs de noms, c’est toute la zone DNS qui change d’endroit. Si la nouvelle zone ne contient pas exactement les mêmes enregistrements MX, SPF et DKIM que l’ancienne, les courriels se perdent ou se retrouvent dans les indésirables. Même chose pour un sous-domaine oublié qui menait à votre logiciel de prise de rendez-vous ou à votre boutique.

Avant la bascule, exportez ou copiez l’ancienne zone DNS au complet, puis comparez-la ligne par ligne avec la nouvelle. C’est fastidieux. C’est dix minutes qui évitent deux jours de courriels perdus.

Faut-il transférer le nom de domaine en même temps?

Non. Transférer son site chez un nouvel hébergeur et transférer son nom de domaine chez un autre registraire sont deux opérations distinctes, et la deuxième n’est pas nécessaire pour changer d’hébergeur. Votre domaine peut rester où il est et simplement pointer vers le nouvel hébergement.

Si vous voulez quand même le transférer, faites-le une fois le site stabilisé, quelques semaines plus tard. Un transfert demande un code d’autorisation, peut prendre plusieurs jours, et un domaine enregistré ou transféré récemment est souvent bloqué pendant un certain temps. Mêler tout ça à une migration de site, c’est multiplier les causes possibles d’une panne.

Quand faire le changement

Pas un vendredi après-midi. Pas la veille de votre période la plus achalandée, que ce soit le temps des fêtes pour une boutique ou la période d’inscriptions pour un OBNL.

Choisissez un début de semaine, le matin, quand vous et votre hébergeur êtes disponibles pour réagir. Et commencez au moins trois semaines avant la date de renouvellement de l’hébergement actuel, pour ne pas devoir payer une autre année par manque de temps.

Prêt à déménager? Consultez nos forfaits, puis écrivez-nous avec le nom de votre hébergeur actuel : on regarde vos DNS et on vous dit où sont vraiment vos courriels avant de toucher à quoi que ce soit.

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