Votre hébergeur fait une sauvegarde de site web chaque nuit? Tant mieux. Mais si c’est votre seule copie, tout repose sur la même entreprise, souvent sur le même centre de données, que le site lui-même.
Le jour où ce maillon lâche, tout part en même temps.
La règle 3-2-1 existe justement pour éviter ce scénario. Elle vient de l’informatique d’entreprise, mais elle s’applique très bien à un site de PME, sans budget particulier.
La règle 3-2-1, en clair
- 3 copies de vos données : le site en ligne, plus deux sauvegardes.
- 2 endroits ou systèmes différents : par exemple, les sauvegardes de votre hébergeur et un service de stockage infonuagique séparé.
- 1 copie hors site, dans un compte que ni votre hébergeur ni une personne qui aurait volé l’accès à votre site ne peut effacer.
L’idée de fond est simple. Aucune panne, aucune erreur humaine et aucune attaque ne devrait pouvoir détruire toutes les copies d’un seul coup.
Pourquoi les sauvegardes de votre hébergeur ne suffisent pas
Elles sont précieuses. Chez Techno-Cloud, les sauvegardes quotidiennes font partie de tous les forfaits, et c’est grâce à elles qu’on peut ramener un site à son état de la veille après une mise à jour qui tourne mal. Mais on préfère vous le dire franchement : elles ne couvrent pas tous les cas. Voici ceux qu’on rencontre dans la vraie vie.
L’erreur découverte trop tard
Une employée supprime une page par mégarde. Une extension corrompt quelques tables de la base de données. Personne ne s’en rend compte avant trois semaines. Si votre hébergeur conserve ses sauvegardes sept ou quatorze jours, toutes les copies disponibles contiennent déjà le problème. Demandez la durée de conservation exacte à votre fournisseur. C’est une question simple, et la réponse change beaucoup de choses.
Le compte compromis
Quelqu’un obtient le mot de passe de votre panneau de contrôle d’hébergement. Selon la configuration, cette personne peut supprimer le site et, parfois, les sauvegardes accessibles depuis le même panneau. Une copie rangée dans un compte complètement séparé, protégé par la double authentification, reste hors d’atteinte.
La fin de la relation avec l’hébergeur
Carte de crédit expirée. Courriels de rappel envoyés à une adresse que personne ne lit plus. Hébergeur qui cesse ses activités. Dans tous ces cas, le site et ses sauvegardes disparaissent ensemble. Ça arrive plus souvent qu’on pense, surtout dans les OBNL où le site a été monté par un bénévole qui a depuis quitté l’organisme.
La panne majeure
C’est rare, mais ça existe. En 2021, l’incendie d’un centre de données à Strasbourg a détruit des serveurs, et certains clients ont perdu leurs sauvegardes parce qu’elles étaient stockées sur le même site. La leçon vaut pour tout le monde : une copie à deux mètres de l’original n’est pas une copie hors site.
Que faut-il sauvegarder exactement?
Un site WordPress tient en deux morceaux, et il faut les deux.
Les fichiers, d’abord : le thème, les extensions et surtout le dossier wp-content/uploads, où dorment vos photos, vos logos et vos PDF. La base de données, ensuite : le texte de vos pages, vos articles, vos réglages, et pour une boutique, les commandes et les comptes clients. Une sauvegarde de site web qui contient seulement les fichiers vous rend un site vide. Une qui contient seulement la base de données vous rend un site sans images.
La fréquence dépend de la vitesse à laquelle votre site change. Un site vitrine pour un salon de coiffure à Donnacona, modifié trois fois par année, n’a pas besoin d’une copie hors site chaque jour. Une copie par semaine suffit largement. Une boutique en ligne qui reçoit des commandes tous les jours, c’est une autre histoire : la base de données devrait partir hors site au moins une fois par jour. On détaille les autres besoins d’une boutique dans notre article sur l’hébergement WooCommerce.
Et vos courriels? S’ils sont hébergés sur le même serveur que votre site, ils ne font pas nécessairement partie de la sauvegarde de WordPress. Vérifiez-le, ne le tenez pas pour acquis.
Sauvegarde WordPress : comment créer votre copie hors site
La méthode la plus simple pour un site WordPress : une extension de sauvegarde qui envoie automatiquement une copie vers un stockage infonuagique. UpdraftPlus, par exemple, permet dans sa version gratuite d’envoyer les copies vers Google Drive, Dropbox ou Amazon S3. OneDrive est offert dans la version payante.
Trois règles pour que cette copie serve vraiment le jour où vous en aurez besoin :
- Utilisez un compte de stockage au nom de l’entreprise. Pas le Gmail personnel du neveu qui a fait le site, pas celui d’une employée qui pourrait partir l’an prochain.
- Réglez l’extension pour qu’elle garde peu de copies sur le serveur lui-même. Sinon, les archives s’empilent dans votre espace d’hébergement. Sur un petit forfait de 512 Mo, quelques copies complètes suffisent à le remplir.
- Ajoutez une copie téléchargée une fois par mois sur un disque externe au bureau. C’est votre deuxième type de support, et elle ne dépend d’aucun service en ligne.
Une sauvegarde de site web jamais testée, c’est un espoir
On l’a vu trop souvent : l’extension tourne depuis deux ans, les rapports disent « terminé », et le jour où on ouvre l’archive, elle fait 3 Mo pour un site rempli de photos. La base de données manquait. Ou le jeton de connexion à Google Drive avait expiré il y a huit mois.
Au moins une fois par année, vérifiez ce que ça prend pour restaurer un site WordPress à partir de votre copie. L’idéal est de le faire sur une copie de test, pour ne pas toucher au site en ligne. Notre forfait Populaire inclut un environnement de staging pour ce genre d’exercice ; les détails sont sur notre page tarifs.
Pendant le test, vérifiez trois choses. La taille de l’archive a du sens. Les pages s’affichent avec leurs images. Le formulaire de contact fonctionne.
Un calendrier réaliste pour une PME
- Chaque jour : la sauvegarde automatique de l’hébergeur.
- Chaque semaine, ou chaque jour pour une boutique : la copie automatique vers votre stockage infonuagique.
- Chaque mois : un coup d’œil aux rapports de l’extension, plus une copie sur disque externe.
- Avant toute grosse modification, comme une refonte ou un changement de thème : une sauvegarde manuelle.
- Chaque année : un test de restauration complet.
Rien là-dedans ne demande plus d’une heure par mois une fois la configuration faite.
Ouvrez votre tableau de bord WordPress aujourd’hui et cherchez où se trouve votre dernière copie hors site. Si vous ne la trouvez pas, parlez-nous-en.
