Vous cliquez sur votre propre site et la page reste blanche pendant trois secondes. Un site WordPress lent, vos clients le subissent aussi, surtout sur leur cellulaire.

La lenteur a presque toujours une cause identifiable. Le problème, c’est qu’on la cherche souvent au mauvais endroit. On installe une extension de « vitesse », puis une autre, et le site devient plus lourd qu’avant. Voici comment on procède quand un client nous écrit avec ce problème.

Site WordPress lent : mesurer avant de toucher à quoi que ce soit

Avant de chercher à accélérer WordPress, il faut savoir où le temps se perd. Ouvrez PageSpeed Insights, l’outil gratuit de Google qui mesure la vitesse de chargement d’une page, et testez votre page d’accueil, puis une page intérieure. Regardez surtout la version mobile.

Deux chiffres vous intéressent. Le premier est le temps de réponse du serveur, ce délai entre le moment où le navigateur demande la page et le moment où il reçoit le premier octet (on parle de TTFB). Le second est le LCP, soit le temps que prend le plus gros élément visible, souvent l’image d’en-tête, à s’afficher. Google considère un LCP de 2,5 secondes ou moins comme bon.

Pourquoi deux chiffres? Parce qu’ils pointent vers des causes différentes. Un temps de réponse serveur élevé veut dire que le problème est en arrière : hébergement, cache, base de données, code PHP. Un temps de réponse correct avec un LCP mauvais veut dire que le problème est en avant : images, scripts, polices, thème.

Quand c’est le serveur qui traîne

Si votre serveur met plus d’une seconde à répondre, aucune compression d’image ne vous sauvera.

Pas de cache de page

Sans cache, WordPress reconstruit chaque page à chaque visite. Il exécute du PHP, interroge la base de données des dizaines de fois, assemble le HTML, puis l’envoie. Avec un cache de page, le serveur garde une copie déjà construite et la livre directement. Sur une page vitrine qui change une fois par mois, c’est le gain le plus important que vous puissiez obtenir.

Sur nos serveurs LiteSpeed, l’extension LiteSpeed Cache travaille directement avec le serveur web, ce qui est plus efficace qu’un cache géré uniquement en PHP. Une seule extension de cache, bien configurée. Pas trois.

Un forfait trop petit pour ce que vous lui demandez

Un site vitrine de dix pages roule très bien avec peu de ressources. Une boutique WooCommerce avec 400 produits, des filtres et un panier, c’est une autre histoire : chaque visiteur connecté génère des pages qu’on ne peut pas mettre en cache. Si la mémoire vive ou le processeur atteignent leur limite, les requêtes attendent en file.

C’est d’ailleurs pour ça que nos forfaits sont découpés par usage plutôt que par nombre de sites. Le forfait Mini (512 Mo de RAM, 1 vCPU) convient à une vitrine simple; le forfait Ultime (2 Go de RAM, 2 vCPU) est pensé pour une boutique. Les détails sont sur la page des tarifs.

Une vieille version de PHP

Les versions récentes de PHP exécutent WordPress plus rapidement que les anciennes, et les versions qui ne reçoivent plus de correctifs de sécurité posent un autre problème. Vérifiez la vôtre dans Outils, puis Santé du site. Si vous voyez une version 7, planifiez la mise à jour, en testant d’abord sur une copie du site.

Une base de données encombrée

Des milliers de révisions d’articles, des données laissées par des extensions désinstallées depuis longtemps, une table d’options gonflée. Ça s’accumule pendant des années sans que personne ne regarde. Un nettoyage fait une fois, après une sauvegarde, suffit souvent à retrouver une base saine.

Quand c’est la page qui est trop lourde

Ici, le serveur répond vite, mais le navigateur a trop de travail.

Des images de 5 Mo

C’est la cause numéro un qu’on rencontre sur les sites de PME. Une photo prise au téléphone, téléversée telle quelle, affichée dans une boîte de 600 pixels de large. Le visiteur télécharge quand même les 4 000 pixels d’origine, et le temps de chargement s’en ressent.

Redimensionnez vos images avant de les téléverser (1 920 pixels de large suffit amplement pour une image pleine largeur) et convertissez-les en WebP. Une boulangerie de Saint-Raymond qui affiche douze photos de produits sur sa page d’accueil peut facilement passer de plusieurs dizaines de mégaoctets à quelques-uns seulement.

Trop d’extensions qui chargent partout

Le nombre d’extensions compte moins que ce qu’elles font. Une extension de formulaire qui charge ses scripts sur toutes les pages, même celles sans formulaire, coûte plus cher que dix petites extensions bien écrites. Testez en désactivant les extensions une à une sur une copie du site, et notez celles qui font bouger les résultats.

L’extension gratuite Query Monitor montre aussi, page par page, quelles extensions génèrent le plus de requêtes à la base de données. C’est souvent révélateur.

Les scripts tiers

Clavardage en ligne, pixel publicitaire, carte Google intégrée, vidéo YouTube en haut de page, widget d’avis. Chacun ajoute des requêtes vers des serveurs qui ne vous appartiennent pas, et vous n’avez aucun contrôle sur leur vitesse. Remplacez la vidéo intégrée par une image cliquable qui charge le lecteur seulement au clic. Retirez les outils dont personne ne se sert.

Un constructeur de pages mal utilisé

Les constructeurs visuels comme Divi ou Elementor ne sont pas lents en soi. Ce qui ralentit, ce sont les pages bâties avec quinze sections imbriquées, des animations à chaque bloc et quatre familles de polices. Activez les options de performance du constructeur (chargement des styles seulement là où ils servent, par exemple) et simplifiez les pages les plus visitées.

Les fausses bonnes solutions pour accélérer un site WordPress

Installer une extension de « nettoyage » qui promet de tout régler en un clic. Elle règle parfois un symptôme et en crée deux autres.

Empiler deux extensions de cache. Elles se marchent sur les pieds, et vous finissez avec des pages qui ne se mettent plus à jour.

Ajouter un CDN avant d’avoir réglé le cache serveur. Un CDN aide surtout à livrer vos images et fichiers statiques plus près des visiteurs éloignés. Si votre clientèle est à Québec et votre serveur à Montréal, ce n’est pas votre problème prioritaire.

Réparer un site WordPress lent : dans quel ordre procéder

  1. Faites une sauvegarde complète, ou travaillez sur une copie de test.
  2. Mesurez avec PageSpeed Insights et notez les chiffres de départ.
  3. Si le serveur répond lentement : activez un cache de page, vérifiez la version de PHP, regardez si votre forfait atteint ses limites.
  4. Si la page est lourde : compressez les images, retirez les scripts tiers inutiles, repérez les extensions gourmandes.
  5. Mesurez de nouveau. Une correction à la fois, sinon vous ne saurez pas ce qui a fonctionné.

Une chose à savoir : un site qui accumule les mises à jour en retard devient aussi plus lent avec le temps, parce que les vieilles versions d’extensions sont rarement les mieux écrites. On en parle dans notre article sur les mises à jour WordPress.

Vous avez un site WordPress lent et vous ne savez pas par où commencer? Envoyez-nous l’adresse et parlez-en à notre équipe : on vous dira franchement si le problème vient de l’hébergement ou du site lui-même.

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