Créer un site web pour un OBNL coûte peu. Le récupérer quand le bénévole qui l’a monté part avec les accès coûte beaucoup plus cher.
Ce bénévole a déménagé à Gatineau il y a deux ans. Le nom de domaine est à son nom, sur son compte personnel, avec sa carte de crédit. Il ne répond plus aux courriels. Le domaine expire dans trois semaines.
Ce scénario, on le voit revenir. Un site web pour un OBNL pose rarement un problème de technologie. C’est presque toujours un problème de propriété et de suivi, dans une organisation où les gens changent à chaque assemblée générale.
Avant de parler d’hébergement, réglons ça.
Qui doit être propriétaire du site web d’un OBNL?
L’organisme. Pas la présidente, pas le neveu du trésorier qui « connaît ça », pas l’agence qui a fait le design.
Concrètement, ça veut dire trois choses. Le nom de domaine est enregistré au nom de l’OBNL, avec une adresse courriel générique de l’organisme comme contact, par exemple admin@votreorganisme.org. L’hébergement est facturé à l’organisme. Et les accès sont conservés dans un endroit que le conseil d’administration contrôle, comme un gestionnaire de mots de passe partagé, pas dans le carnet d’une seule personne.
Ajoutez une ligne au procès-verbal quand les accès changent de main. Ça prend deux minutes et ça évite une crise trois ans plus tard.
Combien coûte un site web pour un OBNL?
Séparons la construction et le fonctionnement. La construction varie énormément : un bénévole compétent, une agence, un étudiant en stage. On ne s’avancera pas sur un chiffre.
Hébergement OBNL : les frais qui reviennent chaque année
Le fonctionnement, lui, se calcule facilement :
- le nom de domaine, généralement quelques dizaines de dollars par année;
- l’hébergement du site, avec sauvegardes et certificat SSL;
- les mises à jour de WordPress et des extensions, faites par quelqu’un;
- le courriel, si vous voulez des adresses à votre nom de domaine.
Un hébergement web pour un OBNL n’a pas besoin d’être gros. Chez Techno-Cloud, le forfait Mini coûte 60 $ par année et suffit pour le site vitrine d’un organisme typique : quelques pages, un calendrier d’activités, un formulaire. Les mises à jour WordPress y sont incluses. À partir du 1er janvier 2027, la grille change : 40 $ par année pour le plan de base sans mises à jour, ou 70 $ avec les mises à jour. Pour un OBNL sans personne technique, prenez le plan avec mises à jour. Les 30 $ de différence coûtent moins cher qu’une seule réparation après piratage.
Les détails des forfaits sont sur la page Tarifs.
Les pièges qu’on voit le plus souvent
Le site gratuit qui ne l’est pas vraiment
Quand on cherche un site web pas cher, les constructeurs de sites gratuits semblent imbattables. Le problème arrive plus tard : adresse en sous-domaine du fournisseur, publicités que vous ne choisissez pas, fonctions de base réservées au forfait payant, et surtout, impossible de déménager le site ailleurs sans tout refaire. Si l’organisme a l’intention d’exister dans cinq ans, partez sur un nom de domaine à vous et une plateforme que vous pouvez déplacer.
Le site que personne ne met à jour
Un WordPress bâti en 2019 et jamais touché depuis est une porte ouverte. Les extensions vulnérables sont parmi les premières choses que les robots cherchent. Un OBNL n’est pas une cible moins intéressante qu’une PME; il est souvent une cible plus facile.
Nommez une personne responsable du site au conseil, même si elle délègue le travail technique. Si personne n’a le nom à côté de la tâche, la tâche ne se fait pas.
Les formulaires qui ramassent trop de renseignements
Formulaire d’inscription aux activités, demande d’aide, bénévolat, adhésion. Chacun recueille des renseignements personnels, et certains sont sensibles : situation familiale, santé, revenus.
La Loi 25 s’applique aussi à un organisme à but non lucratif qui recueille des renseignements personnels. L’organisme doit avoir une personne responsable de la protection des renseignements personnels, publier ses coordonnées sur le site et publier une politique de confidentialité claire. Posez-vous aussi la question à chaque champ : en a-t-on vraiment besoin? Un formulaire d’inscription à une corvée de nettoyage n’a pas besoin de la date de naissance.
Supprimez les vieilles entrées. Une extension de formulaire qui garde depuis six ans toutes les demandes d’aide alimentaire, c’est un risque qu’aucun organisme ne devrait porter.
Les dons en ligne bricolés
Ne faites pas passer les dons par un formulaire maison qui envoie les informations de paiement par courriel. Utilisez une plateforme de dons spécialisée ou une passerelle de paiement reconnue, intégrée au site. Les numéros de carte ne doivent jamais transiter par votre hébergement.
Rappel utile : seul un organisme de bienfaisance enregistré peut émettre des reçus officiels de dons pour fins d’impôt. Un OBNL qui n’a pas ce statut ne doit pas laisser entendre le contraire sur sa page Donner.
Le courriel de l’organisme : Microsoft 365 pour les OBNL
Beaucoup d’OBNL fonctionnent avec des adresses Gmail personnelles. Le jour où la coordonnatrice part, les échanges avec les partenaires et les bailleurs de fonds partent avec elle.
Microsoft offre un programme pour les organismes sans but lucratif admissibles. Depuis juillet 2025, la subvention de licences Business Premium gratuites a été retirée au moment des renouvellements, mais Microsoft continue de donner jusqu’à 300 licences Business Basic et offre des rabais sur les licences supérieures. Pour la plupart des organismes, Business Basic suffit : courriel professionnel, Teams, OneDrive et applications Office en ligne.
On peut vous aider à vérifier l’admissibilité, à migrer les vieilles boîtes et à configurer la double authentification. Tout ça passe par notre offre Microsoft 365.
Ce qu’on recommande à un OBNL de Charlesbourg ou de Portneuf
Prenons un OBNL typique : un comptoir communautaire avec une employée à temps partiel, une douzaine de bénévoles et un conseil de sept personnes. Pour le site web d’un organisme communautaire de cette taille, voici l’ordre dans lequel on placerait les choses.
- Transférer le nom de domaine au nom de l’organisme et noter le renouvellement au calendrier du conseil.
- Héberger le site sur un forfait avec sauvegardes quotidiennes et mises à jour incluses.
- Créer des adresses courriel par fonction (coordination@, benevolat@) plutôt que par personne.
- Faire le ménage dans les formulaires et publier la politique de confidentialité.
- Mettre tous les accès dans un gestionnaire de mots de passe contrôlé par le conseil.
Aucune de ces étapes ne demande un budget important. Elles demandent surtout que quelqu’un s’en occupe une fois, correctement.
Si votre organisme est dans la région, on est à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier et on dessert Portneuf comme le reste de la grande région de Québec. Écrivez-nous par la page Parler à un expert avec l’adresse de votre site actuel; la migration est gratuite.
